La prudence du geste humain - Möchten Sie drucken ?

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La prudence du geste humain dans l'amour et dans l'adieu

Troisième scène


 

Changement de lumière. Aglaé arrive sur la scène, tenant négligemment sa clarinette dans la main, sur son dos la housse. Elle s'arrête près de Mathilde, nettoie l'instrument, le met dans la housse. Les deux filles se parlent comme deux étudiantes qui sont de bonnes amies.
 
Aglaé : Salut. Je t'ai entendue.

Mathilde : Salut. Moi aussi, je t'ai entendue.

Elles s'assoient sur le banc, livre et clarinette reposés.


Aglaé : C'est quoi, la prudence ? 

Mathilde : La prudence ? C'est l'une des quatre vertus cardinales, je crois. Elle est la plus importante parce qu'elle a deux visages, l'un jeune, l'autre vieux. Le vieux regarde le passé, le jeune, l'avenir. 

Aglaé : Et le présent ? 

Mathilde : Je ne sais pas. C'est peut-être le geste. 

Aglaé : Tu apprends ça, les gestes ? 

Mathilde :  On ne fait que ça. Marcher, s'arrêter, se réjouir, être en colère, nerveux, mécontent, sans dire un mot. Ce n'est pas évident.

Aglaé :  Vous ne parlez pas ?

Mathilde : Si. Mais ce n'est pas l'essentiel. 

Aglaé : Ça te sert ?

Le portable de Mathilde sonne. 

Mathilde au téléphone : Oui ? ... Pas du tout... impatiente ... C'est franchement pénible. Qu'est-ce que tu t'imagines encore ?... Non, bien sûr, c'est pas de ta faute. ... Bon, j'ai compris. .... On verra ça.  froide Salut.  Elle se tourne vers Aglaé, en riant :  Comme tu vois, pas vraiment. Gentille Il faut que j'y aille. A bientôt. 

Aglaé : A bientôt.