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La prudence du geste humain dans l'amour et dans l'adieu

Première scène



A gauche de la scène, une jeune clarinettiste, Aglaé, joue une mélodie, piano ; des fragments d'abord, elle s'essaie.

Première voix :  Dedans, c'est un lieu et une voix.

Quand la mélodie est complète, Aglaé la joue une fois en entier.

Deuxième voix : Tout chant s'adresse à un absent. 

A droite, un jeune clarinettiste, Marius, joue  une autre mélodie ; assuré, plus fort que la première. La première clarinette, déconcertée, s'arrête ; écoute. Pendant un moment,  Marius joue en solo.

Troisième voix : Il faut accepter les détours... 

Maintenant, Aglaé se glisse doucement dans sa mélodie, lui répond. 

Quatrième voix 
: ... et créer des espaces quand nous sommes à l'étroit.

Le jeune homme s'arrête à son tour, attentif, ému. La première clarinette mène maintenant, élabore une nouvelle mélodie à partir des deux premières, belle et douce, qui deviendra le leitmotiv du spectacle. La deuxième clarinette s'y joint, ils jouent en duo, les voix s'enchevêtrent, sont équivalentes.



Soudain Aglaé s'arrête, fait un pas dans la direction de Marius, se ravise et disparaît.


 

Marius : Tu ne viens pas ? ... Est-ce que tu reviens ? ... déconcerté ... Qu'est-ce que c'est ?

Les quatre voix s'enchaînent (effet d'écho)
:

La prudence ...
                                ... du geste humain ...
                                                                            ... dans l'amour...
                                                                                                                ... et dans l'adieu.

 

Marius : C'est une trahison ?

 

Un ange apparaît dans un cône de lumière blanche et lui fait signe de loin. Musique, le thème de l'ange. Marius ne le voit pas et n'a pas l'air d'entendre la musique.



L'ange : Non.