| La prudence du geste humain dans l'amour et dans l'adieu |
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Seite 7 von 32 Cinquième scène
Son d'accordéon, Jonathan passe devant le banc, ne voit ni Aglaé dans son œuf bleu, ni l'ange, il joue en avançant lentement, presque en dansant. Myriam le suit, dans ses mains deux morceaux de verre coloré avec lesquels elle capte la lumière. Elle s'amuse, le vise et lui envoie des reflets. Il se retourne et, avec un air de regret, lui fait un adieu de la main, disparaît. Elle continue de jouer avec les reflets de son verre, sourit.
Première voix : La prudence du geste, oui, Deuxième voix : ... mais ce n'est pas encore l'amour. Troisième voix : Et l'adieu... Quatrième voix : ... est loin.
Myriam suit Jonathan à distance. Musique d'accordéon. La scène devient claire, les cônes de lumière s'effacent. L'ange, à l'écart, défait ses ailes et les range précautionneusement dans une boîte. C'est Gabin maintenant, qui s'allume une cigarette en guettant impatiemment d'un côté. Léna arrive, très gaie.
Léna : Coucou ! Tu es beau tout en blanc ! A Aglaé Salut ! Gabin l'embrasse en souriant : Coucou, mon ange ! Bonjour, Aglaé ! Aglaé : Salut ! Aglaé se lève de son banc, les embrasse. A Léna : Tu as pensé à mon livre ? Léna : Oui, bien sûr. Elle le sort de son sac et le donne à Aglaé, ainsi qu'un autre. C'est de la part de Maman. Aglaé : Merci. J'ai vu Mathilde. Ça n'avait pas l'air d'aller très fort. Elle s'est encore engueulée avec Jean-Luc. Vous venez dîner ? Léna : Si on revient à temps. J'ai plein de choses à faire. Gabin : Si, si, on sera de retour. Je travaille tôt demain. Aglaé : Je pars avec vous. J'ai une leçon.
Ils quittent la scène, Gabin et Léna enlacés, Aglaé marchant à côté, à l'aise. On entend l'accordéon de loin, le thème de l'enchanteur de Hameln. Myriam arrive en créant des figures de lumière avec ses bouts de verre, elle trace de grands cercles au ciel, comme si elle voulait dessiner les orbites des astres.
Myriam seule : L'amour est une aventure solitaire... Se moquant d'elle-même. Ça ne fait rien, c'est bon pour la résistance. ... En direction de la musique Comme Orphée... Première voix : Non, plutôt comme l'enchanteur de Hameln. L'accordéon devient plus faible, pendant que Myriam suit le son en créant des cercles lumineux. Deuxième voix : Orphée, c'est autre chose. Une autre histoire. Un autre chemin aussi, venant d'ailleurs et aboutissant ailleurs. Troisième voix : Il est là, Orphée. La lumière baisse. |


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